J’ai lu Oh… de Philippe Djian avec curiosité, attiré par sa réputation et son sujet. Ce qui m’a frappé d’emblée, c’est l’audace du point de départ. L’auteur aborde un thème très grave sans suivre les codes habituels. On comprend vite qu’on ne sera ni guidé pour juger, ni invité à s’apitoyer, ni installé dans une position confortable.
Djian nous place au plus près d’un personnage féminin complexe, impossible à résumer simplement. C’est là, pour moi, la vraie force du roman. Les personnages ne sont jamais là où on les attend et échappent aux catégories faciles. Les premières pages m’ont accroché par leur ton et leur originalité. Puis, au fil du récit, le roman prend des directions inattendues. Mon enthousiasme du début s’est parfois transformé en doute, avec l’impression de ne plus lire le livre que j’imaginais.
Une fois terminé, j’ai compris que ce décalage faisait partie de l’expérience. Le roman a une qualité rare : il continue à faire réfléchir après la lecture. Ce ne sont pas tant les événements qui restent, mais les questions qu’il soulève sur les relations humaines, les blessures, les apparences et nos comportements.
J’ai aussi beaucoup aimé le style de Djian. Son écriture est fluide, précise, élégante sans en faire trop. Elle donne une impression de simplicité qui cache en réalité une vraie complexité. Je ne sais pas si Oh… est un grand roman. Mais c’est un livre à part, parfois dérangeant, souvent intelligent, et suffisamment original pour valoir le détour.
Une lecture que je ne regrette pas et que je recommande à ceux qui aiment les romans qui ne donnent pas de réponses toutes faites.