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Et si la Darija était l’écrin de notre riche passé ?

Le 10 octobre 23

En Algérie, Le débat fait rage depuis quelques mois autour de la décision prise de supprimer la langue française de tous les pans de notre quotidien. L’école Algérienne est vertement rappelée à l’ordre, au même titre que toutes les institutions de la république. C’est la mise à mort de langue de Molière au profit de la l’arabe littéral moderne (un arabe standardisé en usage dans les administrations et les médias), qui se distingue de l’arabe littéral classique, langue de la littérature.

S’il est bien triste de voir l’Algérie se départir de la langue française, un de ses plus précieux butin de guerre, il est tout aussi déplorable de constater que l’Arabe dialectal Algérien, la Darija, notre langue véhiculaire qui est aussi à l’origine de débats houleux, est tout aussi stigmatisée et ostracisée. Comme le relève si bien Khaoula Taleb Ibrahimi[1] « Par contre, dès qu’il s’est agi de la darija, terme générique pour désigner les parlers arabes, le tollé a été général, démontrant la prégnance des positions normatives concernant la langue arabe, positions qui ignorent l’idée même de la variation inhérente à toute langue et veulent imposer une vision a-historique de l’évolution linguistique ».

Pourtant l’exemple Tunisien, pays le plus arabisé du Maghreb, pourrait nous inspirer et permettre à tout un chacun de s’exprimer fièrement en Darija. En effet tous les médias Tunisiens mais aussi les personnages politiques quand il s’agit de s’adresser au peuple Tunisien s’expriment en arabe tunisien. Cette langue qui continue à s’enrichir des mots issus de la modernité et du quotidien de la population.

C’est la publication en 2016 de l’ouvrage « Parler Tunisien Fissa ![2] » invitant les curieux à apprendre à parler en Tunisien qui m’a interpellé. Et si nous en faisions autant en Algérie avec notre Darija. Une occasion, rêvée, de revisiter et découvrir notre riche histoire à travers un vocabulaire imprégné de tous les courants civilisationnels qui ont traversés l’Algérie, tel que rappelé dans cette brève description faite dans Wikipédia :

L’arabe algérien est la principale langue véhiculaire d’Algérie3, langue maternelle de 75 à 80 %4 de la population5 et maîtrisée par 95 à 100 % de la population algérienne. Ses locuteurs le dénomment darja « dialecte » ou darija6(الدارجة), par opposition à l’arabe littéraire appelé fuṣḥa (فُصْحَى).

C’est un idiome arabe rattaché au groupe de l’arabe maghrébin, avec le marocain, le tunisien, le libyen ainsi que le maltais. Sa morphologie, sa syntaxe, sa prononciation et son vocabulaire diffèrent de ceux de l’arabe littéral. L’arabe algérien s’établit à partir du viiie siècle sur un substrat initialement berbère, latin (Langue romane d’Afrique) et dans une moindre mesure punique7. Il a en outre été enrichi par les langues des puissances ayant influencé cette région à partir du xvie siècle, on citera notamment le turc ottoman, l’espagnol et le français8. Il regroupe des parlers ruraux et des parlers citadins, répartis en quatre grandes régions dialectales : l’Est, l’Algérois et son arrière-pays, l’Oranie puis le Sud8

Le nombre de locuteurs de cette langue est estimé à 39 millions en Algérie (dont 31 millions en tant que langue maternelle) et 1 million à l’étranger4, parmi la diaspora installée principalement en France, au Québec, en Belgique, au Royaume-Uni et en Espagne4.

Slim Othmani



[1] https://journals.openedition.org/ries/4493

[2] Parler tunisien fissa ! Hager Ben Ammar et Valérie Vacchiani – Arabesques Editions 1 Janvier 2016

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