Depuis plusieurs années, l’Algérie affiche son ambition de bâtir un écosystème favorable aux start-up et à l’innovation. Pourtant, la réglementation en vigueur en matière de registre du commerce freine, voire bloque, cette ambition.En effet, les start-up sont actuellement classées dans la catégorie 6 du registre du commerce, censée couvrir les activités innovantes. Or, ces entreprises ne peuvent fonctionner sans avoir recours à l’importation d’équipements spécifiques, de logiciels ou de licences, indispensables à leur développement. Ces opérations d’import relèvent des catégories 1 et 4, réservées respectivement à l’importation de biens destinés à la revente en l’état et aux activités de distribution de gros. Cette codification cloisonnée a créé un véritable nœud réglementaire :
- Les start-up ne peuvent pas légalement importer ce dont elles ont besoin.
- Elles sont contraintes de passer par des intermédiaires, ce qui alourdit leurs coûts, ralentit leurs projets et les rend dépendantes.
- L’arbitraire et la complexité administrative s’installent, à rebours de l’agilité que requiert l’innovation.
L’incohérence est flagrante : d’un côté, l’État promeut un discours volontariste en faveur des start-up ; de l’autre, la réglementation les enferme dans une catégorie qui ne leur permet pas de fonctionner normalement.
Concrètement je propose :
- La création d’un statut dérogatoire clair pour les start-up, au sein de la catégorie 6, leur permettant d’importer directement les équipements, logiciels et licences nécessaires à leur activité.
- Une coordination interinstitutionnelle entre le ministère du Commerce, le ministère de l’Économie de la connaissance et les Douanes pour définir un cadre unifié, sécurisé mais agile.
- Une sortie du prisme unique des réserves de change comme critère dominant : la politique industrielle et numérique de l’Algérie doit être guidée par la compétitivité, la création de valeur et l’ouverture, et non par une logique défensive et réductrice.
L’innovation ne peut prospérer dans un carcan bureaucratique. Si nous voulons que les start-up algériennes soient un véritable levier de diversification économique et un vecteur d’emplois, nous devons lever sans délai ce verrou réglementaire.